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Tag: globalisation

Altermondialisme et forums sociaux

Dorval Brunelle, professeur au Département de sociologie de l’UQAM, a analysé tous les traités de libre-échange qui ont façonné l’intégration des Amériques depuis 30 ans. Le directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal, qui avoue ne plus se rappeler exactement du titre de chacun de ses nombreux livres, sera avec nous pour parler de Chronique des Amériques; une compilation des analyses des divers traités, sommets économiques et forums sociaux qui orientent le développement continental depuis le début de notre siècle. Le sujet principal de son dernier livre entoure l’opposition citoyenne qui a mené à l’échec du projet de création de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). L’abandon de la ZLÉA, le 11 septembre 2001 et la mobilisation contre le Sommet de Québec 2001 correspondent, dit-il, à des moments clés pour comprendre l’état de la situation de notre continent en ce qui a trait aux échanges, à la coopération et à l’intégration économique.

Paradis fiscaux, souveraineté criminelle (entrevue avec Alain Deneault)

La mondialisation, par la facilité des transferts qu’elle permet, amène en effet un nombre croissant d’individus et d’entreprises à ne plus se demander si un acte est répréhensible par lui-même, mais s’il existe un moyen de l’effectuer en toute légalité quelque part dans le monde.
Marie-Christine Dupuis-Danon, PUF, 2004

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Malgré les deux procès qui le suivent depuis la publication de son dernier livre, Alain Deneault n’a pas changé son fusil d’épaule. L’auteur de Noir Canada (Ésocosociété, 2008) n’a pas abandonné les sujets qui font honneur à la démocratie. Dans son dernier livre, le spécialiste de la sociologie de Georg Simmel s’est attardé à penser la thématique nébuleuse des paradis fiscaux.

Ce thème qui, à première vue,  ne semble évoquer que des questions de fiscalités se révèle bien plus sombre et lugubre après la lecture d’Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle (Écosociété, 2010). Tout d’abord, précise-t-il : «rien de plus faux, rien de plus restrictif, et inapproprié, que de limiter offshore le phénomène et à la seule idée négative d’un ailleurs de la finance où fuient les capitaux et s’évadent ses titulaires, comme si cet exode ouvrait sur des «économies parallèles» qu’on s’entête à présenter comme marginales et anormales». En ce sens, les paradis fiscaux et ce qu’on nomme généralement comme l’offshore «sont des juridictions politiques sur mesure qui permettent de peser de manière décisive sur le cours historique des choses sans devoir répondre de quelque principe démocratique que ce soit».

C’est pourquoi les rapports entre paradis fiscaux, finance mondialisée et crime organisé sont généreusement féconds. Comme il le souligne à de nombreuses reprises : «le monde sans loi de la finance [offshore] qui s’ouvre [au crime organisé] permettra non seulement un développement exponentiel à l’échelle internationale de leur activité, mais également un métissage de leurs fonds avec ceux d’activités licites encore encadrées par les États de droit, de façon à ce qu’on ne puisse désormais plus distinguer l’argent du crime de celui qui circule en fonction de régies formelles.»

Contre-intuitivement, le champ lexical du livre d’Alain Deneault qui aurait-on cru limité au thème de l’économie et de la finance, en rejoint d’autres bien plus préoccupant : drogue, prostitution, pédophilie, financement terroriste, sectes, activités mafieuses, blanchiment d’argent, vente d’arme. En plus de cette volonté de penser l’objet offshore le plus globalement possible, Alain Deneault n’a pas perdu cette audace, rare dans le monde universitaire, qui est de nommer clairement et explicitement les acteurs qui organisent le monde d’aujourd’hui à leur avantage. Les exemples de pratiques d’évasion fiscale, de dumping environnemental, de corruption sont abondants dans ce livre qui brosse un portrait général du sujet, de l’origine des paradis fiscaux au XVIe siècle en Hollande à la pénétration de l’offshore dans la culture cinématographique.

Alain Deneault, titulaire d’un doctorat de l’Université Paris VIII sur la sociologie de l’argent de Georg Simmel a accepté l’invitation des publications s’est livré à une entrevue devant public pour parler de son dernier livre. Pour écouter cette entrevue, cliquez sur le lecteur du haut de cet article.

Mouvements sociaux et droits fondamentaux (entrevue avec Dorval Brunelle)

Si les mouvements jouent un rôle déterminant dans la revendication et la reconnaissance des droits, par où transitent les revendications des investisseurs et des banquiers ? Pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas besoin de mouvements sociaux pour défendre leurs intérêts ? Bien sûr, banquiers et investisseurs disposent de leurs propres associations de banquiers, organisations professionnelles, chambres de commerce, groupes d’intérêts et autres lobbies qui, non seulement ont un accès direct et privilégié au pouvoir politique, mais qui jouissent surtout d’une véritable rente de situation à travers le mécanisme de la circulation des élites et celui de la cooptation des postes. Ces alliances, ces accords et ces accointances assurent la pleine reconnaissance et la plus grande effectivité à ces droits.
(Dorval Brunelle, PUL, 2009)

Dorval Brunelle enseigne la sociologie de la mondialisation et du droit à l’UQAM depuis de nombreuses années. Depuis le début des années 1980, il a écrit sur de nombreux sujets : les partenariats public-privés, le libre-échange en Amérique, la globalisation et aussi sur les mouvements sociaux de l’Amérique latine.

C’est dans la collection verbatim des Presses de l’Université Laval, qu’il a publié une de ses dernières conférences. Dans L’autre société civile, les mouvements sociaux et la lutte pour les droits fondamentaux, l’actuel directeur de l’Institut d’Études Internationales de Montréal (IEIM) explique qu’aujourd’hui les mouvements sociaux sont considérés comme des sources essentiels de progrès puisqu’en permettant « aux exclus d’hier d’accéder à la pleine citoyenneté »,  ces mouvement « jouent un rôle déterminant dans la construction de la société et dans le changement social ».

Son dernier livre effectue un bon rappel des ambitions fondamentales et du contexte de la Déclaration universelles des droits de l’homme, de la transformation importante du système international de l’ONU depuis sa création, de la hiérarchie qui a pris place entre les droits sociaux et politiques par rapport aux droits des biens et de la propriété. Le professeur explique aussi les liens entre la fin de la Guerre froide et l’érection de « la libéralisation des marchés qui prend nettement le dessus sur tous les autres enjeux à compter de la chute du mur de Berlin, comme en témoigne la multiplication des accords de libre-échange négociés entre les pays » et « la montée en puissance d’organisations internationales à vocation économique comme la Banque mondiale, le FMI et surtout l’OMC ». Mais, rappelle-t-il, « loin de s’être avéré un grand égalisateur ou même un grand régulateur, comme certains l’ont prétendu, le recours au marché a plutôt produit exactement l’inverse, il a accru les inégalités comme jamais et il a semé la discorde – voire le chaos – partout où il s’est imposé. »

Dorval Brunelle ne fait pas preuve d’angélisme en ce qui concerne le progrès et les luttes qui lui sont nécessaires pour l’obtention et le maintient des droits. « Il faut rappeler, dit-il, que les droits fondamentaux et les droits sociaux sont, toujours et partout, le résultat de rapports de force et que le maintient de ce rapport est essentiel pour assurer la reconnaissance même des droits en question. »

Dorval Brunelle a accepté l’invitation des Publications universitaires et s’est rendu aux studios de CHOQ FM pour parler de son dernier livre. Cliquez sur le lecteur ci-dessous pour écouter cette entrevue :

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L’état de la nation selon Jean-François Lessard

LESSARD, Jean-François, « L'état de la nation », Liber, 2007

Cette semaine à l’émission, nous nous sommes entretenus avec Jean-François Lessard à propos de son livre : L’état de la nation (Liber, 2007). En plus d’enseigner les sciences politiques à l’UQAM et d’être chercheur postdoctoral à l’Université de Montréal, Jean-François Lessard effectue également de la recherche à la Chaire en mondialisation, citoyenneté et démocratie de l’Université du Québec à Montréal.

Dans son dernier livre, Jean-François Lessard présente les transformations vécues par l’État dans la dynamique de la globalisation. L’entrevue se découpe en deux blocs :

    a) l’importance des flux transnationaux sur la redéfinition du rôle de l’État; et,
    b) le paradoxe des représentations identitaires fondé sur l’affaiblissement du récit identitaire national par rapport à la multiplication des revendications identitaires particularistes.

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Dérive globale (entrevue avec Dorval Brunelle)

Cette semaine à l’émission, nous nous sommes entretenus avec le sociologue Dorval Brunelle. En plus d’être directeur de l’Observateur des Amérique, Dorval Brunelle a écrit ou dirigé plusieurs livres sur le thème de la mondialisation et du libre-échange.

Son dernier livre, Dérive globale (Boréal, 2003) a été traduit en anglais aux presses de l’Université de la Colombie-Britannique. (UBCPress 2007). Dans l’entrevue, il a été question de plusieurs sujets liés à la mondialisation, dont :

  • le fonctionnement de l’ONU;
  • les racines historiques de l’ALÉNA et les effets de ce Traité sur l’économie canadienne;
  • le Partenariat sur la Sécurité et la Prospérité (PSP);
  • la structure de la pensée libérale;
  • le Forum Social Mondial (FSM) comparé au Forum Économique Mondial (FEM);

Cliquez sur le lecteur ci-dessous pour écouter l’entrevue (45 minutes) :

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