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Décortiquer le réalignement des forces politiques au Québec

Depuis la Révolution tranquille, le thème du renouvèlement du statut constitutionnel du Québec fut le point d’orbite des identités politiques à l’Assemblée nationale. Dans Fin de cycle (Boréal, 2011), Mathieu Bock-Côté décortique les origines de l’émergence d’un second axe d’identification gauche-droite qui a réussi à se superposer sur celui de la question nationale. Le sociologue de l’UQAM souligne un fait avec insistance : l’amplification des débats entre gauches et droites ne réussira pas à achever cinq décennies de débat sur l’indépendance du Québec. Ce réalignement des forces dans un double clivage politique perturbe notre tradition parlementaire et ouvre la porte à une nouvelle ère avec laquelle il faudra apprendre à composer autant du côté des analystes que des acteurs politiques.

Tuerie de l’École Polytechnique, l’attentat antiféministe

Mélissa Blais est doctorante en sociologie à l’UQAM. Militante féministe et professionnelle de recherche à l’IREF, elle a étudié les réceptions du discours féministe à la suite de la tuerie de l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Selon ce qu’on lit dans son livre, l’état psychologique de Marc Lépine était loin d’être la clé qui permet de comprendre les 14 meurtres qu’il a commis cette journée-là. Son geste était un message politique : mort au féminisme. La planification et la volonté derrière l’acte sont du registre de l’attentat. Mélissa Blais tente de comprendre dans son livre « J’haïs les féministes » (Remue-Ménage, 2009) pourquoi les interprétations féministes du drame n’ont pas réussi à s’imposer dans la mémoire collective même vingt ans après l’événement.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Janick Bastien Charlebois est professeure de sociologie à l’UQAM. Dans La virilité en jeu (Septentrion, 2011), elle souligne que de parler uniquement d’homophobie tend à nier la dimension culturelle de la discrimination dont sont victimes les jeunes gais. Les problèmes d’intégration des homosexuels ne sont pas qu’une question d’attitude individuelle, ils sont aussi le fruit d’un hétérosexisme dispersé dans la réalité sociale.

La laïcité au Québec, l’oeuvre inachevée

La laïcité au Québec n’est pas apparue telle qu’elle du néant lors de la Révolution tranquille. Yvan Lamonde, l’homme à la cinquantaine de livres, en remonte les racines en suivant les nombreux événements de notre histoire qui ont forcé une mutation de l’encadrement des rapports religieux. Il ne faut pas croire que tous les catholiques se sont opposés obstinément à la laïcité, car de nombreux croyants en ont fait leur cheval de bataille. Les grandes lignes de la laïcité remontent bien entendu aux années 1960, mais il ne faut pas ignorer les ambitions clairement manifestées plus d’un siècle auparavant chez des patriotes comme Louis-Joseph Papineau. L’heure de vérité (Del Busso, 2010), le titre du livre du professeur retraité de l’Université McGill, révèle néanmoins une transformation chez celui qui s’est tenu à l’écart des controverses politiques pendant ses 40 années de carrière. La laïcité du Québec, soutient-il, est incomplète et nous avons tout avantage à nous inspirer de l’histoire commune pour accoucher d’un modèle bien à nous.

Deuxième partie
Le débat sur le modèle que doit adopter le Québec en matière de laïcité ne tarit pas. Daniel Weinstock, directeur du CRÉUM et professeur à l’Université de Montréal, a profité de sa tribune dans Un Québec en quête de laïcité (Écosociété, 2011) pour répondre aux nombreuses attaques adressées à la conception de la « laïcité ouverte » du rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

Troisième partie
Harvey Mead voulait en finir avec les indices économiques les plus répandus comme le PIB et le taux de croissance. Surtout lorsqu’on s’attarde à la qualité de vie et de l’environnement, l’Indice de progrès véritable sur lequel il travaille depuis de nombreuses années dévoile que la variable de la croissance surestime de manière notable le réel développement des sociétés. L’ex-commissaire au développement durable du Québec, qui admet à qui veut l’entendre l’inutilité de ce poste, rejoint désormais les alarmistes alors qu’il refusait promptement de les entendre auparavant. Son livre de 450 pages publié aux Éditions MultiMondes explique pourquoi chiffres à l’appui et sans tourner les coins ronds.

L’histoire comme récit et comme enjeu

La mémoire collective n’est jamais un calque parfait de la réalité historique. Véritable champ de bataille, elle est l’extension des luttes actives de l’arène politique. Des groupes, autrefois victimes, exigent réparation en réclamant d’être davantage inclus dans le récit national. Quels effets cette réécriture permanente de la mémoire a-t-elle sur l’unité de la communauté politique? C’est la question que pose Jacques Beauchemin dans Mémoire et démocratie en Occident. Concurrence des mémoires ou concurrence victimaire (Peter Lang, 2011).

Deuxième partie – L’histoire de la rue Sainte-Catherine
Paul-André Linteau a écrit des milliers de pages sur l’histoire du Canada depuis la Confédération. Spécialiste de l’histoire de Montréal, il a publié aux Éditions de l’Homme un livre tout en images qui retrace le vécu de la rue Sainte-Catherine. Le développement désordonné de cette artère incomparable de 11 kilomètres a peut-être été le seul trait d’union qui ait persisté dans le temps entre les nombreuses parties qui composent la diversité montréalaise.

Wilfrid Laurier, le pays avant tout

Wilfrid Laurier (1841-1919) a été le premier Canadien français à occuper le poste de Premier ministre du Canada (1896-1911) dans l’histoire de la Confédération. Tiraillé entre conservateurs, libéraux, orangistes et ultramontains; l’homme à la santé fragile a été vivement malmené par les forces qui s’opposaient radicalement au Parlement et au sein de ses propres troupes. Dans sa biographie publiée aux Éditions Boréal, André Pratte décrit l’écartèlement vécu par ce personnage qui a réussi, presque par miracle, à préserver le Canada de l’éclatement. Dans un Canada inachevé ne comptant que sept provinces et vivant les controverses monumentales de la guerre des Boers et de la conscription de 1917, Laurier a joué l’unique carte qui s’offrait à lui : le compromis.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Selon l’historien Steve Lasorsa, les rivalités sportives ne sont jamais complètement imperméables au contexte social et politique. Le sport devient, bien souvent, l’espace où apparaissent en reliefs les tensions qui préexistent dans la société. Le premier livre qu’il signe en tant qu’auteur, La rivalité Canadien-Nordiques (PUL, 2011), met bien en évidence l’effet catalyseur des joutes sportives dans les processus de construction des identités collectives.

Lutte à la pauvreté, quel modèle suivre?

L’État endigue autant qu’il favorise la pauvreté. Tout dépend de la mission qu’on lui donne et des moyens qu’on lui accorde. C’est la thèse défendue par Pascale Dufour et Gérard Boismenu dans La pauvreté : quatre modèles sociaux en perspective (PUM, 2011). Pour comprendre la pauvreté qui affecte les populations, il faut sortir du raisonnement anecdotique qui explique le phénomène comme l’unique résultat des trajectoires de vie individuelles. Deux constats s’imposent depuis une trentaine d’années chez ceux qui étudient ce fléau qui n’en finit plus de se réincarner sous d’autres formes. D’abord, rappellent les professeurs à l’Université de Montréal, le travail ne garantit plus de nos jours une protection contre le manque de l’essentiel. Ensuite, les pauvres se ressemblent d’un pays à l’autre. Ils ont un sexe, un âge et une origine. Aînés, jeunes, immigrants, femmes et enfants sont les figures les plus répandues de ce phénomène de masse qui transcende les frontières.

Crise fiscale (enrevue avec Brigitte Alepin)

Brigitte Alepin est fiscaliste diplômée de Harvard. En 2003, elle faisait mouche avec un livre attendu : Ces riches qui ne paient pas d’impôts (Méridien, 2003). Dans La crise fiscale qui vient (VLB, 2010), elle étend sa lecture critique de la fiscalité aux facteurs qui ont érodé la santé économique des États occidentaux. La saturation des taux d’imposition et de taxation, ajoutée à la croissance ininterrompue de l’endettement public sont les deux tendances qui expliquent la paralysie fiscale dans laquelle la plupart des économies avancées sont désormais embourbées.

Deuxième partie – Rencontre avec la civilisation occidentale
Même s’ils lui ont consacré leur carrière et un livre aux Éditions CEC, Lorne Huston et Louis Lafrenière n’ont pas tout compris de l’histoire occidentale. Les professeurs au Collège Édouard-Montpetit l’admettent sans gêne : ils ne cessent d’apprendre en enseignant, parce que les étudiants posent des questions qui obligent à relire différemment. Or, une chose est bien certaine : il faut voir la civilisation dans toute son épaisseur. La trajectoire de notre civilisation n’évolue pas de manière linéaire. L’orientation du destin collectif se comprend mieux lorsqu’on prend le temps d’étudier chacune des strates sédimentaires qui nous sépare du passé.

Éva Circé-Côté : une vie à contre-courant

Andrée Lévesque est spécialiste de l’histoire des femmes et du mouvement ouvrier. Professeure à l’Université McGill, elle a découvert que derrière plusieurs des textes les plus progressistes des années 1900 à 1940 se cachait une femme. Éva Circé-Côté (1871-1949) ne se gênait d’aucune façon dans l’utilisation du pseudonyme. Grande adversaire du journal Le Devoir et des penseurs ultramontains, elle a fondé un lycée laïc pour filles en 1908 en plus d’avoir fondé la bibliothèque de Montréal en 1903. La richesse de son oeuvre ne s’arrête pourtant pas à ses 1800 chroniques dans L’Étincelle, Le Débat, Le Pays, Le Monde ouvrier, et beaucoup d’autres imprimés de son temps. Cette femme, urbaine, athée, féministe et révolutionnaire – en totale contradiction avec son époque – a également été une dramaturge, poète et auteure acclamée par la critique. Après une quinzaine d’années à regrouper, lire et étudier cette oeuvre éparpillée, Andrée Lévesque en avait long à dire sur la vie de cette femme presque oubliée au fond de notre histoire intellectuelle.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Jean-François Payette, chercheur à l’IEIM, s’est entretenu avec les responsables de l’État québécois qui étaient en place lors des attentats du 11 septembre 2001. Dans Vous avez dit terrorisme? (Fides, 2011), le doctorant en sciences politiques à l’UQAM raconte comment ils ont réagi à l’événement et analyse les conséquences notables de la lutte au terrorisme sur la société québécoise.

Frais de scolarité, le débat continue

La tarification des études postsecondaires est le carrefour où se rejoignent les idéologies politiques, les théories économiques et les visions de la société. Dans Université inc. (Lux, 2011), Éric Martin et Maxime Ouellet, espèrent atteindre les bases de l’idéologie du chacun-pour-soi qui, disent-ils, ruine le potentiel unificateur qu’offre l’éducation publique. Ce sont 800 ans de tradition universitaire qui se trouvent menacés par la commercialisation du savoir. La marchandisation de l’éducation opère une transformation du rapport individuel et collectif envers cette institution centrale à l’enceinte démocratique. La relation strictement instrumentale avec les lieux de haut savoir étant de plus en plus consommée, les deux chercheurs à l’IRIS ont voulu démonter un par un les arguments qui soutiennent les hausses de droits de scolarité. Dans ce livre qu’ils présentent comme un manuel d’autodéfense, leur propos est limpide : il faut éviter de ne voir en ce débat qu’une question d’argent. L’instruction ne doit pas être une expérience qui se justifie seulement par la rentabilité qu’elle aura dans l’avenir sur notre pouvoir d’achat.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Yves-Marie Abraham est professeur de sociologie économique à HEC Montréal. Dans le livre qu’il a dirigé Décroissance versus développement durable (Écosociété, 2011), il soutient la nécessité d’une nouvelle cosmologie pour en finir avec l’anthropocentrisme, le productivisme et la société de consommation. Une position assez marginale là où il enseigne.

Histoire et conséquences de la prohibition des drogues

Line Beauchesne est professeure titulaire au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa. Elle étudie la prohibition depuis 20 ans. De cette politique des drogues, elle dresse trois constats : l’inutilité, la nuisance et le gaspillage. Inutile, d’abord, parce qu’interdire n’élimine aucunement l’accessibilité des produits illicites. Nuisible, ensuite, parce que la prohibition oblige l’argent à suivre la voie des marchés noirs ce qui renforce le pouvoir des mafias dont les réseaux sont maintenant mondialisés. Gaspillage, enfin, parce que 95 % des ressources publiques investies vont à la répression plutôt qu’au traitement et à la prévention. L’échec est donc total : éliminer la drogue est une utopie et les moyens mis de l’avant ne font qu’empirer la situation.

Relire Samuel de Champlain

Samuel de Champlain et l’époque de la fondation de Québec ont occupé 14 ans de la vie de Mathieu d’Avignon. En plus de lui avoir consacré son doctorat (PUL, 2008), il a également été le premier à rééditer les Récits de voyages du personnage en français moderne (PUL, 2009, 2010). La relecture attentive qu’il a effectuée des différentes versions des textes écrits par Champlain oblige à lire l’histoire de la Nouvelle-France autrement. Étant à la fois auteur et sujet de ses Récits de voyages, Champlain s’est attribué un rôle surdimensionné par rapport à celui de ses rivaux. Cela aura un effet décisif sur 300 ans d’historiographie canadienne-française et occultera un fait fondamental : Champlain n’est pas l’unique fondateur de Québec. Notre mémoire collective doit rendre justice à quatre autres personnages.

L’entrevue de la fin
Heide Kotzmuth est historienne. Dans son livre Le chef des Jeunesses hitlériennes et le jugement de Nuremberg (PUL, 2011), elle a revisité le dossier de Baldur von Schirach, personnage important du Troisième Reich, qui n’a pas été jugé pour tous ses crimes lors du procès de Nuremberg.

Le savoir comme fin en soi

Normand Baillargeon ne compte plus ses livres. Il peut maintenant ajouter à sa bibliographie un manifeste bien ficelé en faveur d’une culture générale émancipatrice et contre-doctrinaire. Mieux vaut penser un programme d’enseignement dans un sens plutôt que dans l’autre; parce que l’éducation est une arme qui libère autant qu’elle asservit. L’anarchiste derrière le livre le dit : la culture est un objet problématique à circonscrire, c’est un « peu de tout, mais pas n’importe quoi ». Évitons surtout les erreurs qui ont été commises dans le passé; l’école s’éloigne de son dessein lorsqu’elle fait du dogme le contenu de son instruction. Voilà pourquoi son livre, Liliane est au lycée, sied si bien dans la collection Antidote des éditions Flammarion.