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Cent ans d’école québécoise avant la Révolution tranquille

Anik Meunier a fouillé les archives et les entrepôts des écoles catholiques et protestantes du quartier Hochelaga-Maisonneuve pour recréer en exposition l’identité de l’école québécoise qui avait cours pendant tout le siècle qui a précédé la Révolution tranquille. Pour la muséologue, les musées enrichissent l’expérience du passé, car le contact avec les lieux et les objets d’hier offre de nouvelles dimensions qui approfondissent la mémoire collective. L’école d’antan était radicalement différente de celle d’aujourd’hui. D’abord pour ses liens bien soudés avec l’Église comme le démontrait l’épaisseur du petit catéchisme, plein de ses 992 leçons et de ses 49 pages d’annexes. Ensuite par la discipline et l’homogénéité qu’on y retrouvait. Enfin, la ségrégation des sexes des élèves et de tout le personnel rappelle la fracture bien évidente qui s’est produite dans l’histoire de l’éducation à la suite du rapport Parent. Les milieux scolaires d’antan accusent un si grand contraste avec ceux d’aujourd’hui, que les travaux d’Anick Meunier et de Robert Cadotte (PUQ, 2011) permettent de comprendre que l’école est sans doute l’institution publique qui s’est le plus transformée dans notre histoire commune.

Du mauvais usage des brevets, ou comment contrôler la concurrence

Les brevets dans l’industrie pharmaceutique ont une face cachée. En accordant le monopole sur des idées et des procédés, l’utilisation du brevet finit par contrevenir à la nature intrinsèquement collective du savoir et ralentit l’innovation. Depuis les 30 dernières années, l’industrie pharmaceutique applique de manière massive et généralisée des brevets à tout ce qui peut recevoir de telles restrictions. Les profits de ce secteur ont été les premiers à en bénéficier : le domaine du médicament étant désormais parmi les plus rentables au monde – tous secteurs économiques confondus. Or, cette accélération des profits n’a pas livré la marchandise en matière d’innovation pharmaceutique, car 90% des nouvelles molécules brevetées n’offrent aucune avancée thérapeutique. L’industrie, quant à elle, investit trois fois plus en marketing et promotion qu’en recherche et développement. Dans le livre La propriété et ses multiples (Nota Bene, 2011), Marc-André Gagnon, professeur de politiques publiques à l’Université Carleton, met au jour l’instrumentalisation contemporaine des brevets au service d’une nouvelle forme de cartel qui menace de plus en plus le financement public des services de santé.

Le français parlé au Québec : petite histoire d’un discrédit

Le français parlé au Québec est une histoire d’éloges et de mépris. Dans Méchante langue, la légitimité du français parlé au Québec (PUM, 2012), Chantal Bouchard, professeure de linguistique à l’Université McGill, raconte l’histoire de la perte de légitimité d’un accent – le nôtre. Une fois achevée la conquête britannique de la Nouvelle-France, le français canadien se figera dans les prononciations musicales des habitants du nord de la France du XVIIe siècle. Alors qu’une hivernation culturelle se prolonge à l’ouest de l’Atlantique, une révolution sans précédent s’opère en France en 1789, décapitant l’élite royale d’Ancien-régime et relançant l’éducation de l’Hexagone sur de nouvelles bases. Les sonorités langagières des nouvelles classes bourgeoises françaises s’établissent et sanctionnent le discrédit de l’ancienne façon de parler malgré la persistance de son usage en Amérique. Commence donc la dévalorisation parisienne de l’accent et du vocabulaire canadien qui étaient pourtant ceux de Molière et de Louis XIV.

Poursuites-bâillons : quand le droit s’oppose à la justice

Les poursuites stratégiques contre la mobilisation publique, aussi connues sous le nom de SLAPP, ont retenu l’attention de Normand Landry, professeur en sciences humaines et communication à la TELUQ, pendant les quatre années de son doctorat. Émergeant dans le sillage de la marchandisation croissante du système juridique depuis plusieurs décennies, les poursuites-bâillons écrasent les petits acteurs du monde politique en instrumentalisant la lourdeur des processus légaux. Ces procès orchestrés pour punir exemplairement la contestation ont souvent l’effet d’une douche froide sur la conversation démocratique. Par contagion, médias et citoyens s’autocensurent pour éviter la ruine. Dans son livre publié aux Éditions Écosociété, le nouveau professeur à la TÉLUQ explique les origines et le développement de cette pratique qui tend à repousser les débats collectifs de l’univers public vers le domaine privé des arènes judiciaires.

Que peut-on réellement savoir sur Socrate?

Accusé de corrompre la jeunesse d’Athènes, Socrate a été condamné à boire la cigüe à la suite d’un vote démocratique de ses concitoyens. En 399 avant notre ère, cette sanction issue d’un procès politique a fait de ce personnage à la fois mythique et réel le premier martyr de la philosophie occidentale. Louis-André Dorion, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, lit et traduit les sources socratiques du Grec ancien depuis de nombreuses années. C’est dans la collection Que sais-je? des Presses universitaires de France que sont condensées les analyses des quatre sources les plus importantes sur la vie du taon de la cité. Beaucoup trop de divergences se présentent dans les textes de Xénophon, d’Aristote, de Platon et d’Aristophane pour qu’on puisse parler avec certitude de l’ensemble de la vie de cet homme. Une chose reste certaine selon le professeur de philosophie : « Peu importe le régime politique en vigueur, Socrate était prêt à payer de sa vie son refus inconditionnel de commettre une injustice. »

L’égalité contre la richesse, fondements d’un faux débat

Pour David Robichaud et Patrick Turmel, même s’il faut reconnaître son crédit, l’argument suprême qui justifie la redistribution de la richesse n’est pas celui du devoir moral envers les pauvres. L’impôt progressif se légitime avant tout parce que les plus riches bénéficient davantage de la coopération sociale qui est intrinsèque à la création de toute accumulation. La juste part, publié en supplément de la revue Nouveau projet, est un essai qui tente d’exhiber les liens nécessaire entre égalité et prospérité. Parmi la centaine de page de ce livre-réponse aux courants libertariens se trouve une réflexion qui cherche à démontrer que la solidarité qui s’incarne dans des politiques d’interventions peut être bien plus payante pour la grande majorité que la généralisation du chacun pour soi.

Décortiquer le réalignement des forces politiques au Québec

Depuis la Révolution tranquille, le thème du renouvèlement du statut constitutionnel du Québec fut le point d’orbite des identités politiques à l’Assemblée nationale. Dans Fin de cycle (Boréal, 2011), Mathieu Bock-Côté décortique les origines de l’émergence d’un second axe d’identification gauche-droite qui a réussi à se superposer sur celui de la question nationale. Le sociologue de l’UQAM souligne un fait avec insistance : l’amplification des débats entre gauches et droites ne réussira pas à achever cinq décennies de débat sur l’indépendance du Québec. Ce réalignement des forces dans un double clivage politique perturbe notre tradition parlementaire et ouvre la porte à une nouvelle ère avec laquelle il faudra apprendre à composer autant du côté des analystes que des acteurs politiques.

Tuerie de l’École Polytechnique, l’attentat antiféministe

Mélissa Blais est doctorante en sociologie à l’UQAM. Militante féministe et professionnelle de recherche à l’IREF, elle a étudié les réceptions du discours féministe à la suite de la tuerie de l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Selon ce qu’on lit dans son livre, l’état psychologique de Marc Lépine était loin d’être la clé qui permet de comprendre les 14 meurtres qu’il a commis cette journée-là. Son geste était un message politique : mort au féminisme. La planification et la volonté derrière l’acte sont du registre de l’attentat. Mélissa Blais tente de comprendre dans son livre « J’haïs les féministes » (Remue-Ménage, 2009) pourquoi les interprétations féministes du drame n’ont pas réussi à s’imposer dans la mémoire collective même vingt ans après l’événement.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Janick Bastien Charlebois est professeure de sociologie à l’UQAM. Dans La virilité en jeu (Septentrion, 2011), elle souligne que de parler uniquement d’homophobie tend à nier la dimension culturelle de la discrimination dont sont victimes les jeunes gais. Les problèmes d’intégration des homosexuels ne sont pas qu’une question d’attitude individuelle, ils sont aussi le fruit d’un hétérosexisme dispersé dans la réalité sociale.

La laïcité au Québec, l’oeuvre inachevée

La laïcité au Québec n’est pas apparue telle qu’elle du néant lors de la Révolution tranquille. Yvan Lamonde, l’homme à la cinquantaine de livres, en remonte les racines en suivant les nombreux événements de notre histoire qui ont forcé une mutation de l’encadrement des rapports religieux. Il ne faut pas croire que tous les catholiques se sont opposés obstinément à la laïcité, car de nombreux croyants en ont fait leur cheval de bataille. Les grandes lignes de la laïcité remontent bien entendu aux années 1960, mais il ne faut pas ignorer les ambitions clairement manifestées plus d’un siècle auparavant chez des patriotes comme Louis-Joseph Papineau. L’heure de vérité (Del Busso, 2010), le titre du livre du professeur retraité de l’Université McGill, révèle néanmoins une transformation chez celui qui s’est tenu à l’écart des controverses politiques pendant ses 40 années de carrière. La laïcité du Québec, soutient-il, est incomplète et nous avons tout avantage à nous inspirer de l’histoire commune pour accoucher d’un modèle bien à nous.

Deuxième partie
Le débat sur le modèle que doit adopter le Québec en matière de laïcité ne tarit pas. Daniel Weinstock, directeur du CRÉUM et professeur à l’Université de Montréal, a profité de sa tribune dans Un Québec en quête de laïcité (Écosociété, 2011) pour répondre aux nombreuses attaques adressées à la conception de la « laïcité ouverte » du rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

Troisième partie
Harvey Mead voulait en finir avec les indices économiques les plus répandus comme le PIB et le taux de croissance. Surtout lorsqu’on s’attarde à la qualité de vie et de l’environnement, l’Indice de progrès véritable sur lequel il travaille depuis de nombreuses années dévoile que la variable de la croissance surestime de manière notable le réel développement des sociétés. L’ex-commissaire au développement durable du Québec, qui admet à qui veut l’entendre l’inutilité de ce poste, rejoint désormais les alarmistes alors qu’il refusait promptement de les entendre auparavant. Son livre de 450 pages publié aux Éditions MultiMondes explique pourquoi chiffres à l’appui et sans tourner les coins ronds.

L’histoire comme récit et comme enjeu

La mémoire collective n’est jamais un calque parfait de la réalité historique. Véritable champ de bataille, elle est l’extension des luttes actives de l’arène politique. Des groupes, autrefois victimes, exigent réparation en réclamant d’être davantage inclus dans le récit national. Quels effets cette réécriture permanente de la mémoire a-t-elle sur l’unité de la communauté politique? C’est la question que pose Jacques Beauchemin dans Mémoire et démocratie en Occident. Concurrence des mémoires ou concurrence victimaire (Peter Lang, 2011).

Deuxième partie – L’histoire de la rue Sainte-Catherine
Paul-André Linteau a écrit des milliers de pages sur l’histoire du Canada depuis la Confédération. Spécialiste de l’histoire de Montréal, il a publié aux Éditions de l’Homme un livre tout en images qui retrace le vécu de la rue Sainte-Catherine. Le développement désordonné de cette artère incomparable de 11 kilomètres a peut-être été le seul trait d’union qui ait persisté dans le temps entre les nombreuses parties qui composent la diversité montréalaise.

Wilfrid Laurier, le pays avant tout

Wilfrid Laurier (1841-1919) a été le premier Canadien français à occuper le poste de Premier ministre du Canada (1896-1911) dans l’histoire de la Confédération. Tiraillé entre conservateurs, libéraux, orangistes et ultramontains; l’homme à la santé fragile a été vivement malmené par les forces qui s’opposaient radicalement au Parlement et au sein de ses propres troupes. Dans sa biographie publiée aux Éditions Boréal, André Pratte décrit l’écartèlement vécu par ce personnage qui a réussi, presque par miracle, à préserver le Canada de l’éclatement. Dans un Canada inachevé ne comptant que sept provinces et vivant les controverses monumentales de la guerre des Boers et de la conscription de 1917, Laurier a joué l’unique carte qui s’offrait à lui : le compromis.

L’entrevue de la fin, pour commencer un livre
Selon l’historien Steve Lasorsa, les rivalités sportives ne sont jamais complètement imperméables au contexte social et politique. Le sport devient, bien souvent, l’espace où apparaissent en reliefs les tensions qui préexistent dans la société. Le premier livre qu’il signe en tant qu’auteur, La rivalité Canadien-Nordiques (PUL, 2011), met bien en évidence l’effet catalyseur des joutes sportives dans les processus de construction des identités collectives.

Lutte à la pauvreté, quel modèle suivre?

L’État endigue autant qu’il favorise la pauvreté. Tout dépend de la mission qu’on lui donne et des moyens qu’on lui accorde. C’est la thèse défendue par Pascale Dufour et Gérard Boismenu dans La pauvreté : quatre modèles sociaux en perspective (PUM, 2011). Pour comprendre la pauvreté qui affecte les populations, il faut sortir du raisonnement anecdotique qui explique le phénomène comme l’unique résultat des trajectoires de vie individuelles. Deux constats s’imposent depuis une trentaine d’années chez ceux qui étudient ce fléau qui n’en finit plus de se réincarner sous d’autres formes. D’abord, rappellent les professeurs à l’Université de Montréal, le travail ne garantit plus de nos jours une protection contre le manque de l’essentiel. Ensuite, les pauvres se ressemblent d’un pays à l’autre. Ils ont un sexe, un âge et une origine. Aînés, jeunes, immigrants, femmes et enfants sont les figures les plus répandues de ce phénomène de masse qui transcende les frontières.