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Dans les rouages du Parti libéral

Fondateur de l’Association québécoise d’histoire politique, Michel Lévesque étudie depuis une vingtaine d’années l’histoire de la plus ancienne formation politique au Québec : le Parti libéral. Dans son livre Histoire du Parti libéral au Québec. La nébuleuse politique. 1867-1960 (Septentrion, 2013), Michel Lévesque lève le voile sur les finances occultes du doyen des partis qui a dominé l’histoire politique du XXe siècle au Québec.

Dépression, cancer du siècle

On ne choisit jamais son ombre, car les lumières ne relèvent pas de l’individu, mais plutôt de son environnement. C’est à partir de cet angle que Marcelo Otero appréhende la dépression de masse dans son livre L’Ombre portée, l’individualité à l’épreuve de la dépression (Boréal, 2011). Les gens pris isolément n’ont aucune souveraineté à l’égard des transformations mondiales qui bouleversent l’organisation du travail et la place qu’il occupe dans la vie active depuis quelques décennies. Pour le professeur de sociologie à l’UQAM, les antidépresseurs s’?attaquent uniquement aux effets et jamais aux causes de la dépression. Pour comprendre l’épidémie actuelle de cette pathologie de l’action vécue comme une paralysie de la vie active, il faut mettre en cause l’accélération des impératifs de production et de performance dans l’univers du travail et toute l’échelle de valeur qui en découle. Alors que le médecin traite l’individu dans une dimension clinique, le sociologue qu’est Marcelo Otero cherche plutôt à dévoiler les causes sociales de la source la plus importante d’invalidité en ce début de siècle.

La transformation des liens sociaux à l’ère du numérique

Pour André Mondoux, le milieu des années 1970 est une période charnière dans l’histoire des technologie numériques. Cette décennie correspond à l’origine d’une transformation majeure qui a marqué la fin au monopole par l’État et les grandes entreprises sur les technologies numériques. Le début de la marchandisation de masse des ordinateurs destinés au grand public permet au nouveau professeur à l’École des médias de l’UQAM de souligner que le développement technologique n’est pas sans effet sur le cours des sociétés. La technologie se présente comme un système et sa force, analogue à celle du vent, oblige les gens et les sociétés à s’y adapter. Engendrant une sorte d’effet de cliquet, le progrès technique rend impossible le retour en arrière et finit toujours par se rendre indispensable. C’est ce qu’on comprend en lisant son livre, Histoire des technologies numériques de 1945 à nos jours, publié aux éditions Nota Bene.

D’une culture à l’autre : observer l’interaction entre sciences et littérature


Professeur depuis 20 ans au département d’études littéraires de l’UQAM, Jean-François Chassay scrute l’influence de la science dans la littérature. Même si on omet systématiquement de l’envisager sous cet angle, la science a tous les traits d’une culture. Les nombreuses déclinaisons de la science (physique, chimie, mathématique, génétique) s’insèrent même profondément dans les formes de la culture : en littérature, au théâtre comme au cinéma. Pour le professeur romancier, les découvertes scientifiques comme la bombe nucléaire ou l’évolution des espèces ont bouleversé la trajectoire de plusieurs auteurs et ont produit des représentations parfois complètement déformées des grands visages du monde savant comme Einstein et Darwin; parfois en les glorifiants, d’autres fois en les diabolisant. En d’autres mots, la littérature ressemble au laboratoire où s’incarnent tous les espoirs et les craintes d’une humanité qui apprivoise petit à petit l’accumulation du savoir qu’elle rassemble sur la réalité.

Cinq décennies de développement économique

Pierre Fortin, étudie l’évolution économique du Québec depuis les années 1970. Dans le cadre d’un livre sur les 50 ans de la Révolution tranquille (Boréal, 2011), le professeur émérite du Département des sciences économiques de l’UQAM a voulu faire le bilan des défis qui ont été relevés depuis le passage au pouvoir de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage en 1960. Contrairement à ce qu’on peut entendre, Pierre Fortin affirme que l’essentiel du rattrapage économique du Québec s’est effectué grâce au modèle québécois plutôt qu’en dépit de lui. Loin d’être un boulet, c’est la saine utilisation des leviers collectifs qui a pavé la voie au développement accéléré du Québec par rapport à sa province voisine : l’Ontario. Malgré tous les défis qui se dressent devant nous, l’économiste au CV de 100 pages conclut qu’un accomplissement bien particulier permet aux Québécois d’être fiers de leur parcours depuis cinq décennies : celui d’avoir fait du Québec l’endroit le moins inégalitaire en Amérique du Nord.

Prostitution et droit des femmes

Pour Maria-Nengeh Mensah, historienne du mouvement féministe, il n’y a pas de doute, les revendications des travailleuses du sexe prolongent le sens des luttes pour les droits des femmes. La liberté de disposer de son corps, obtenue de haute lutte depuis les années soixante, doit aussi permettre de décriminaliser celles qui exercent le travail du sexe; car toute position contraire ne contribue qu’à leur marginalisation; c’est l’avis que partagent Louise Topin Claire Thiboutot et Maria-Nengeh Mensah dans leur livre publié aux éditions Remue-Ménage Luttes XXX : Inspirations du mouvement des travailleuses du sexe. Derrière cette anthologie des textes les plus importants en faveur des droits des travailleuses du sexe se trouve l’ambition d’une transmission : rendre accessibles les textes fondamentaux aux prochaines générations de féministes qui auront à penser ce sujet délicat; parce qu’il faut, estime la professeure en travail social à l’UQAM, nécessairement pouvoir réfléchir cette réalité en dehors des jugements de valeur.

Cent ans d’école québécoise avant la Révolution tranquille

Anik Meunier a fouillé les archives et les entrepôts des écoles catholiques et protestantes du quartier Hochelaga-Maisonneuve pour recréer en exposition l’identité de l’école québécoise qui avait cours pendant tout le siècle qui a précédé la Révolution tranquille. Pour la muséologue, les musées enrichissent l’expérience du passé, car le contact avec les lieux et les objets d’hier offre de nouvelles dimensions qui approfondissent la mémoire collective. L’école d’antan était radicalement différente de celle d’aujourd’hui. D’abord pour ses liens bien soudés avec l’Église comme le démontrait l’épaisseur du petit catéchisme, plein de ses 992 leçons et de ses 49 pages d’annexes. Ensuite par la discipline et l’homogénéité qu’on y retrouvait. Enfin, la ségrégation des sexes des élèves et de tout le personnel rappelle la fracture bien évidente qui s’est produite dans l’histoire de l’éducation à la suite du rapport Parent. Les milieux scolaires d’antan accusent un si grand contraste avec ceux d’aujourd’hui, que les travaux d’Anick Meunier et de Robert Cadotte (PUQ, 2011) permettent de comprendre que l’école est sans doute l’institution publique qui s’est le plus transformée dans notre histoire commune.

Du mauvais usage des brevets, ou comment contrôler la concurrence

Les brevets dans l’industrie pharmaceutique ont une face cachée. En accordant le monopole sur des idées et des procédés, l’utilisation du brevet finit par contrevenir à la nature intrinsèquement collective du savoir et ralentit l’innovation. Depuis les 30 dernières années, l’industrie pharmaceutique applique de manière massive et généralisée des brevets à tout ce qui peut recevoir de telles restrictions. Les profits de ce secteur ont été les premiers à en bénéficier : le domaine du médicament étant désormais parmi les plus rentables au monde – tous secteurs économiques confondus. Or, cette accélération des profits n’a pas livré la marchandise en matière d’innovation pharmaceutique, car 90% des nouvelles molécules brevetées n’offrent aucune avancée thérapeutique. L’industrie, quant à elle, investit trois fois plus en marketing et promotion qu’en recherche et développement. Dans le livre La propriété et ses multiples (Nota Bene, 2011), Marc-André Gagnon, professeur de politiques publiques à l’Université Carleton, met au jour l’instrumentalisation contemporaine des brevets au service d’une nouvelle forme de cartel qui menace de plus en plus le financement public des services de santé.

Le français parlé au Québec : petite histoire d’un discrédit

Le français parlé au Québec est une histoire d’éloges et de mépris. Dans Méchante langue, la légitimité du français parlé au Québec (PUM, 2012), Chantal Bouchard, professeure de linguistique à l’Université McGill, raconte l’histoire de la perte de légitimité d’un accent – le nôtre. Une fois achevée la conquête britannique de la Nouvelle-France, le français canadien se figera dans les prononciations musicales des habitants du nord de la France du XVIIe siècle. Alors qu’une hivernation culturelle se prolonge à l’ouest de l’Atlantique, une révolution sans précédent s’opère en France en 1789, décapitant l’élite royale d’Ancien-régime et relançant l’éducation de l’Hexagone sur de nouvelles bases. Les sonorités langagières des nouvelles classes bourgeoises françaises s’établissent et sanctionnent le discrédit de l’ancienne façon de parler malgré la persistance de son usage en Amérique. Commence donc la dévalorisation parisienne de l’accent et du vocabulaire canadien qui étaient pourtant ceux de Molière et de Louis XIV.

Poursuites-bâillons : quand le droit s’oppose à la justice

Les poursuites stratégiques contre la mobilisation publique, aussi connues sous le nom de SLAPP, ont retenu l’attention de Normand Landry, professeur en sciences humaines et communication à la TELUQ, pendant les quatre années de son doctorat. Émergeant dans le sillage de la marchandisation croissante du système juridique depuis plusieurs décennies, les poursuites-bâillons écrasent les petits acteurs du monde politique en instrumentalisant la lourdeur des processus légaux. Ces procès orchestrés pour punir exemplairement la contestation ont souvent l’effet d’une douche froide sur la conversation démocratique. Par contagion, médias et citoyens s’autocensurent pour éviter la ruine. Dans son livre publié aux Éditions Écosociété, le nouveau professeur à la TÉLUQ explique les origines et le développement de cette pratique qui tend à repousser les débats collectifs de l’univers public vers le domaine privé des arènes judiciaires.

Que peut-on réellement savoir sur Socrate?

Accusé de corrompre la jeunesse d’Athènes, Socrate a été condamné à boire la cigüe à la suite d’un vote démocratique de ses concitoyens. En 399 avant notre ère, cette sanction issue d’un procès politique a fait de ce personnage à la fois mythique et réel le premier martyr de la philosophie occidentale. Louis-André Dorion, professeur de philosophie à l’Université de Montréal, lit et traduit les sources socratiques du Grec ancien depuis de nombreuses années. C’est dans la collection Que sais-je? des Presses universitaires de France que sont condensées les analyses des quatre sources les plus importantes sur la vie du taon de la cité. Beaucoup trop de divergences se présentent dans les textes de Xénophon, d’Aristote, de Platon et d’Aristophane pour qu’on puisse parler avec certitude de l’ensemble de la vie de cet homme. Une chose reste certaine selon le professeur de philosophie : « Peu importe le régime politique en vigueur, Socrate était prêt à payer de sa vie son refus inconditionnel de commettre une injustice. »

L’égalité contre la richesse, fondements d’un faux débat

Pour David Robichaud et Patrick Turmel, même s’il faut reconnaître son crédit, l’argument suprême qui justifie la redistribution de la richesse n’est pas celui du devoir moral envers les pauvres. L’impôt progressif se légitime avant tout parce que les plus riches bénéficient davantage de la coopération sociale qui est intrinsèque à la création de toute accumulation. La juste part, publié en supplément de la revue Nouveau projet, est un essai qui tente d’exhiber les liens nécessaire entre égalité et prospérité. Parmi la centaine de page de ce livre-réponse aux courants libertariens se trouve une réflexion qui cherche à démontrer que la solidarité qui s’incarne dans des politiques d’interventions peut être bien plus payante pour la grande majorité que la généralisation du chacun pour soi.