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Paradis fiscaux, souveraineté criminelle (entrevue avec Alain Deneault)

La mondialisation, par la facilité des transferts qu’elle permet, amène en effet un nombre croissant d’individus et d’entreprises à ne plus se demander si un acte est répréhensible par lui-même, mais s’il existe un moyen de l’effectuer en toute légalité quelque part dans le monde.
Marie-Christine Dupuis-Danon, PUF, 2004

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Malgré les deux procès qui le suivent depuis la publication de son dernier livre, Alain Deneault n’a pas changé son fusil d’épaule. L’auteur de Noir Canada (Ésocosociété, 2008) n’a pas abandonné les sujets qui font honneur à la démocratie. Dans son dernier livre, le spécialiste de la sociologie de Georg Simmel s’est attardé à penser la thématique nébuleuse des paradis fiscaux.

Ce thème qui, à première vue,  ne semble évoquer que des questions de fiscalités se révèle bien plus sombre et lugubre après la lecture d’Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle (Écosociété, 2010). Tout d’abord, précise-t-il : «rien de plus faux, rien de plus restrictif, et inapproprié, que de limiter offshore le phénomène et à la seule idée négative d’un ailleurs de la finance où fuient les capitaux et s’évadent ses titulaires, comme si cet exode ouvrait sur des «économies parallèles» qu’on s’entête à présenter comme marginales et anormales». En ce sens, les paradis fiscaux et ce qu’on nomme généralement comme l’offshore «sont des juridictions politiques sur mesure qui permettent de peser de manière décisive sur le cours historique des choses sans devoir répondre de quelque principe démocratique que ce soit».

C’est pourquoi les rapports entre paradis fiscaux, finance mondialisée et crime organisé sont généreusement féconds. Comme il le souligne à de nombreuses reprises : «le monde sans loi de la finance [offshore] qui s’ouvre [au crime organisé] permettra non seulement un développement exponentiel à l’échelle internationale de leur activité, mais également un métissage de leurs fonds avec ceux d’activités licites encore encadrées par les États de droit, de façon à ce qu’on ne puisse désormais plus distinguer l’argent du crime de celui qui circule en fonction de régies formelles.»

Contre-intuitivement, le champ lexical du livre d’Alain Deneault qui aurait-on cru limité au thème de l’économie et de la finance, en rejoint d’autres bien plus préoccupant : drogue, prostitution, pédophilie, financement terroriste, sectes, activités mafieuses, blanchiment d’argent, vente d’arme. En plus de cette volonté de penser l’objet offshore le plus globalement possible, Alain Deneault n’a pas perdu cette audace, rare dans le monde universitaire, qui est de nommer clairement et explicitement les acteurs qui organisent le monde d’aujourd’hui à leur avantage. Les exemples de pratiques d’évasion fiscale, de dumping environnemental, de corruption sont abondants dans ce livre qui brosse un portrait général du sujet, de l’origine des paradis fiscaux au XVIe siècle en Hollande à la pénétration de l’offshore dans la culture cinématographique.

Alain Deneault, titulaire d’un doctorat de l’Université Paris VIII sur la sociologie de l’argent de Georg Simmel a accepté l’invitation des publications s’est livré à une entrevue devant public pour parler de son dernier livre. Pour écouter cette entrevue, cliquez sur le lecteur du haut de cet article.