La grande aventure de la langue française

Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau sont auteurs et journalistes. Tous leurs derniers livres ont été des best-sellers internationaux. Dans leur dernier livre, Julier Barlow et Jean-Benoît Nadeau se sont donnés pour mission d’écrire l’histoire de la langue française. Dans La grande aventure de la langue française (Québec-Amérique, 2007), on retrouve une exploration des grands moments et des grands personnages qui ont influencé l’histoire millénaire du français en Europe et partout dans le monde. Julie Barlow et Jean-Benoît Nadeau ont accordé une entrevue aux publications universitaires. Dans cette entrevue, il a été question :
- du mythe contemporain voulant qu’il y ait un déclin du français dans le monde;
- du fait que 50% des mots anglais proviennent du français;
- de l’importance fondatrice de Malherbe dans la structure moderne du français;
- de l’obsolescence et de l’incompétence historique du rôle de l’Académie Française;
- des restes très présents du français dans le créole haïtien;
- du purisme linguistique en tant que valeur universelle des locuteurs du français.
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Jacquart Francis a écrit :
J’ai écouté toute l’entrevue avec attention et je suis sidéré par…son…purisme…dialectal…franco-québécois et surtout archi-populaire, ainsi que le nivellement par le bas prôné particulièrement par M Nadeau. Une fois de plus, un auteur est incapable de parler du français sans stigmatiser le purisme du français de…France, sans imposer lui-même, en pleine action, son propre français bourré de fautes et en fait plus fautif à tous les niveau que celui du jeune homme qui les reçoit en entrevue, tout aussi québécois, mais qui a lui le mérite de le prononcer et de le parler correctement! M Nadeau utilise le mot…baragouiner…dans son exposé et c’est exactement ce qu’il fait, prônant par la-même son joual comme modèle pour le Québec! bref l’éternel complexe d’infériorité de certains Québécois brille à nouveau ici par sa rhétorique réductrice et surtout profondément ignorante de la réalité du développement du français en France. N’en déplaise à M Nadeau, le français populaire a été parlé bien avant le français québécois en Nouvelle-France et je lui conseille de relire François Villon, un des créateurs de l’argot français parmi bien d’autres, dont on entend encore les échos dans la langue de tous les jours des Français d’aujourd’hui.
M Nadeau affirme par ailleurs de véritables conneries comme, par exemple l’abandon du passé simple en…anglais!?! que le français est la langue latine la plus…allemande!?! de toutes les langues latines. Le terme a utiliser M Nadeau lorsque l’on a la prétention de chercher à éclairer les foules est…germanique, ce qui est très différent du terme…allemand car allemand se réfère clairement et directement à l’Allemagne et à sa langue nationale, alors que…germanique se réfère à des traits linguistiques partagés par des langues et leurs dialectes parlés dans le Nord de l’Europe, telles que l’Allemand, le Néerlandais le Danois, le Norvégien et le Suédois et quelques autres langues. Le français est donc une langue latine à substrat germanique et non pas allemand ou une langue allemande comme il l’affirme dans son discours constamment réducteur, tendancieux et surtout remarquable par ses approximations et inexactitudes. J’y ai encore appris que la Marquise de Rambouillet était…duchesse! Cela lui eut sans nul doute fait très plaisir, mais tel n’était pas le cas! Un détail me direz vous! Très certainement, mais dites-moi également si l’on peut faire confiance à un tel livre surtout au niveau universitaire lorsque l’on entend son auteur affirmer de telles inepties! Où est sa rigueur intellectuelle et scientifique?
Passons maintenant au terme…patois! Il y aurait également en France, d’après M Nadeau s’entend, 25 langues régionales!
Là encore, on a affaire à une approximation totalement déformante de la réalité linguistique française car il y a une différence concrète entre un patois, un langue régionale et la langue nationale d’un pays, sauf pour M Nadeau semble-t-il! Appeler le néerlandais parlé autour de Dunkerke, le Corse en fait dialecte génois proche de l’italien, le breton, langue celte, l’occitan et le basque des langues régionales françaises est parfaitement exact, ce qui fait cinq langues régionales françaises et non pas 25! Par contre oser compter les dialectes d’oïl comme des langues régionales est parfaitement ridicule car ce sont tous des dialectes du français, ce que les Français eux-mêmes ont ravalé au rang de patois méprisables à éliminer à partir de la révolution française, élément que je n’ai pas entendu mentionner une seule fois par M Nadeau!
Les Anglais n’on donc aucune responsabilité originale dans cette dévalorisation, ensuite si les Américains qui vous écoutent lors de conférences ne comprennent pas M Nadeau et préfèrent le français dit international dont je ne serais pas étonné de voir l’existence niée par M Nadeau car il est clair que c’est ce type de français qu’il rejette activement en parlant un des patois du Québec ou…dialecte, appelez cela comme vous voulez, mais oui, personne à l’extérieur du Québec et surtout aux États-Unis, tourné plutôt vers Paris, ne parle ou ne comprend le…patois de M Nadeau qui n’est même pas représentatif du Français québécois car plutôt représentant le français parlé par les Québécois les moins éduqués et surtout une norme essentiellement oralisante et joualisante d’un des dialectes du Québec, un paradoxe pour un auteur publiant aux…publications UNIVERSITAIRES…du Québec!
Pour conclure, je dirais tout simplement que je reconnais là la plume d’un intégriste de la langue et non pas celle d’un informateur objectif à qui l’on peut véritablement faire confiance.
Dommage!
Francis Jacquart
professeur de français langue seconde, Montréal