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Les Réformistes (entrevue avec Éric Bédard

Par-delà le siècle et demi qui nous sépare des réformistes, j’ai eu l’impression de retrouver des incertitudes similaires face à l’avenir. Comme nous, les réformistes vivent les lendemains troubles de grandes espérances. Leur temps n’est ni celui des mythes fondateurs ni celui des Grands Soirs. C’est un temps désenchanté, morose même ; un temps de prudence et non d’élans prophétiques. En allant vers les réformistes, mon but n’était pas de réhabiliter des personnages « illustres » ou de dénicher un programme d’action pour l’avenir. J’ai plutôt voulu comprendre les questions qu’ils s’étaient posées et les réponses qu’ils avaient fournies, et voir comment, par la pensée et par l’action, ils avaient conjuré les angoisses d’un présent incertain.  (Éric Bédard, Boréal, 2009)

Entrevue, Éric Bédard, 50 minutes, (MP3)

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Refusant l’idée d’annexion du Québec aux États-Unis chère à Louis-Joseph Papineau, conscient qu’aucun secours ne viendrait de la France et résiliés par l’impossibilité de vaincre le plus puissant empire colonial de l’époque, une nouvelle génération d’hommes politiques a pris place au Canada français à la suite des rébellions des patriotes et de l’Acte d’Union de 1840. C’est dans l’atmosphère de la fin des grands espoirs et d’un pragmatisme bien visible que ces nouvelles figures ont décidés d’investir les institutions en place pour faire progresser le Canada français par plusieurs réformes au milieu du XIXe siècle.

Éric Bédard, professeur à la Télé-Université du Québec, est l’auteur du premier essai d’envergure sur cette période politique charnière de notre histoire. Dans son dernier livre, Les Réformistes. Une génération canadienne-française au milieu du XIXe siècle, il distingue clairement cette génération de la précédente : « La génération patriote, dit-il, avait vécu d’espoirs, elle avait tenté de jeter les bases d’un monde nouveau [alors que] la génération réformiste a été hantée par la débâcle militaire de 1837 ». Les ambitions de ces derniers étaient bien humbles : « préserver l’essentiel de ce qu’avait légué les générations précédentes, faire du Canada français une nationalité bien de son temps ».

Âgés de 36 ans en moyenne et tous « d’origine très modeste » les réformistes avaient pour figures de proue des Étienne Parent, Louis-Hippolyte LaFontaine et Auguste Norbert-Morin. Avec ce livre, Éric Bédard voulait aborder ces personnages mal connus de notre histoire « en tant que véritables acteurs politiques, maîtres de leur destin et de celui de leur pays, et non comme les marionnettes d’un quelconque système anonyme ou comme les pantins d’une prétendue “classe dominante”».

Pour le professeur, la réputation des réformistes a été assombrie par l’historiographie depuis quelques décennies puisque les représentations que nous avons d’eux comme étant des « Canadiens français de service » ou comme des « collaborateurs serviles de l’Empire britannique, sinon comme des « parvenus » » sont nombreuses. Dans son dernier livre, Éric Bédard voulait « revenir sur cette période troublée de notre histoire, afin de mieux comprendre les choix des réformistes, d’éclairer leur lecture du contexte et les conclusions qu’ils ont tirées de ces événements tragiques ».

Éric Bédard a accepté l’invitation des publications universitaires. Il s’est rendu aux studios de CHOQ FM pour répondre à nos questions. Pour écouter cette entrevue, cliquez sur le lecteur du haut de cette page.