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Les principes de la reconnaissance (entrevue avec Michel Seymour)

Sans enchâssement dans une constitution qui affirme l’ensemble des valeurs fondamentales de la société québécoise, et notamment les droits collectifs linguistiques du peuple québécois, la politique de pluralisme culturel ressemblerait trop à la politique canadienne de multiculturalisme […] L’existence d’une constitution interne au Québec permettrait de traduire en termes politiques les obligations réciproques de la communauté d’accueil et des minorités issues de l’immigration […]. Elle contiendrait les droits et obligations du peuple québécois et des peuples autochtones, ainsi que de la minorité anglophone. Enfin, cela renforcerait aussi les droits et obligations que les citoyens doivent avoir à l’égard de la nation québécoise. (Michel Seymour, Québec-Amérique, 2009)

Michel Seymour est professeur au département de philosophie de l’Université de Montréal depuis vingt ans. En 2008, il accouchait du plus gros livre de sa carrière à la suite d’une gestation qui durait depuis de nombreuses années. Dans De la tolérance à la reconnaissance (Boréal 2008), il y fait la synthèse des origines du principe de reconnaissance dans la philosophie occidentale. D’inspiration libérale et fortement compatible avec la conception de l’État multinational d’Alain-G. Gagnon, la théorie générale qu’il met de l’avant souscrit à la reconnaissance des droits collectifs pour les peuples. Le cas de la loi 101 est selon lui un excellent exemple des droits collectifs au sein des États multinationaux.

Dans La Reconnaissance dans tous ses états, un collectif qu’il a dirigé dans la collection Débats chez Québec-Amérique, Seymour précise la portée institutionnelle de la théorie politique qu’il défend : « La reconnaissance n’est pas une attitude psychologique vertueuse permettant de soigner des blessures morales et des sévices infligés à l’identité personnelle. Il s’agit plutôt d’une politique et donc d’un ensemble de mesures institutionnelles qui peuvent dans le meilleur des cas rétablir la personnalité institutionnelle d’une personne ou d’un peuple ». C’est ce qui fait que « La reconnaissance n’a donc pas à être comprise dans un sens purement épistémique de découverte ». Grâce «  à un acte de reconnaissance, dit-il, certains traits de l’agent reconnu se voient accorder un statut. Les actes de reconnaissance génèrent des obligations et des responsabilités, mais ils sont en même temps des réactions à des faits préexistants ».

Pour Seymour, la reconnaissance et les droits collectifs est la seule voie possible pour remédier aux tensions qui existent entre les peuples, surtout lorsqu’il existe des rapports asymétriques entre majorités et minorités, au sein d’un État. Conséquemment, son adhésion aux droits collectifs et à la reconnaissance des peuples a fait en sorte qu’il a sévèrement critiqué le refus du gouvernement du Canada de ratifier la Déclaration des droits des peuples autochtones à l’ONU en 2007.

Michel Seymour a accepté l’invitation des Publications universitaires et s’est déplacé aux studios de CHOQ FM pour répondre à nos questions à propos de ses deux derniers livres. Pour écouter cette entrevue, cliquez sur le lecteur ci-dessous :

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