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Rumilly, l’homme de Duplessis (entrevue avec Jean-François Nadeau)

des élections, ce n’est beau nulle part, mais chez les peuples-enfants […] c’est lamentable. Puissent les colonies africaines être préservées aussi longtemps que possible ! (Robert Rumilly)

Raciste, antidémocratique, antiféministe, royaliste, pétainiste, maurassien, antisémite et procolonialiste, Robert Rumilly (1897-1983) a été le dernier monument de l’extrême droite au Québec. Né en France au tournant du siècle précédent, il a déménagé au Québec dans les années 1920 alors que la France avançait, selon lui, dans un républicanisme qui allait la mener à sa perte. C’est ainsi qu’il se retrouve en toute symbiose au Canada français d’avant la Révolution tranquille, dans cette société ordonnée, ou les gens avaient conservé le sens de la hiérarchie cléricale et du respect de l’autorité.

Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du journal Le Devoir (qui fête son 100e anniversaire cette année) a décidé de faire connaître les résultats de son doctorat en histoire au grand public. Dans Robert Rumilly : L’homme de Duplessis (Lux, 2009), le biographe accumule des tas d’informations les plus ahurissantes les unes que les autres à propos de cet idéologue amoureux de l’Union nationale.

Travaillant souvent du matin jusqu’à tard le soir, Robert Rumilly était un auteur infatigable. Peu de gens ont autant publié que lui au Québec et dans le monde. Son œuvre compte 91 livres. Dans celle-ci, on retrouve la volumineuse Histoire de la province de Québec en 41 volumes. Mais, détrompons-nous, Rumilly n’était pas un intellectuel de l’ombre, distant et lointain du pouvoir. Il savait entretenir des liens avec des gens d’influence comme : Duplessis, Camillien Houde, Henri Bourassa et Conrad Black. Dû à son sens de l’arbitraire, Rumilly a toujours apprécié et défendu Duplessis « comme la prunelle de ses yeux ».  En ce sens, Jean-François Nadeau rappelle que les liens politiques entre les deux hommes ont toujours été très clairs : « Rumilly ne cachera jamais sa forte sympathie pour l’Union nationale [et il] ira même jusqu’à publier de la propagande pour le parti de Duplessis ».

Dans les années quarante, lorsque sa mère patrie a été vaincue par l’Allemagne nazie, Rumilly trouvait malgré tout de quoi se réjouir. C’est « dans l’enthousiasme » que Rumilly observe le couronnement de Pétain : « de voir ainsi les gens de sa famille idéologique être soudainement projetés à l’avant-scène de la politique française, cela ne peut que le réjouir, et cela le réjouit en effet […] Comprenons bien son attitude : ce n’est pas la victoire de l’Allemagne qui le réjouit. Rumilly n’a pas combattu les Allemands lors de la Grande Guerre pour s’en réjouir quelque 20 ans plus tard […] Sa joie provient de toute autre chose, c’est-à-dire de ce que les événements de la défaite française peuvent conduire l’Hexagone à une véritable révolution nationale » fondé sur un conservatisme réactionnaire – un nationalisme profond anti révolution française – nourrit par les valeurs qu’il chérissait tant : catholicisme, autorité et antidémocratisme.

Mais cette réjouissance ne sera jamais l’élément le plus controversé des positions politiques de Rumilly. Ce qui a créé le plus de remous s’est produit une fois la guerre terminée, alors que Rumilly a contribué comme nul autre à accueillir d’anciens collabos au Québec. L’ultraconservateur ira même jusqu’à faire usage de ses relations politiques pour que criminels de guerre français puissent trouver refuge au Canada.

Robert Rumilly avait des convictions profondément ancrées. « Loin de renier son passé de militant de l’Action française, Rumilly s’affirme fils de Maurras jusqu’à la fin de sa vie. Il continue de défendre très volontiers, entre autres choses, la mémoire du maréchal Philippe Pétain et son action en faveur des collaborateurs, dont le célèbre de Bernonville. Au sein même de l’Union nationale vieillissante, il finit par incarner presque à lui seul la pérennité de la pensée de Duplessis ».

Pour mieux faire connaître ce dernier géant de l’extrême droite au Québec, Jean-François Nadeau a accepté de se déplacer aux studios de CHOQ FM pour répondre aux questions des Publications universitaires. Pour écouter cette entrevue, cliquez sur le lecteur ci-dessous :

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